Volkswagen profite de l’édition 2026 du Salon de la Caravane de Düsseldorf pour dévoiler l’ID. California Cruise, première déclinaison 100 % électrique de sa célèbre famille de vans de loisirs. Basé sur l’ID. Buzz, ce nouveau venu privilégie pour l’instant une formule légère, davantage proche d’un California Beach que d’un camper-van tout équipé. Les commandes ouvriront cet automne en France, pour des livraisons début 2027.
Il aura fallu attendre près de quarante ans après le lancement du premier California, en 1988, pour que le van de loisirs de Volkswagen abandonne totalement le moteur thermique. Présenté au Caravan Salon de Düsseldorf, l’ID. California Cruise inaugure une nouvelle branche électrique de la gamme, appelée à s’élargir avec d’autres modèles d’ici 2028. En Allemagne, son prix débutera à 60 761 €. Le tarif français sera communiqué ultérieurement, les commandes devant ouvrir cet automne.
Attention cependant à ne pas imaginer un simple California transposé tel quel sur une base d’ID. Buzz. Cette première proposition électrique se montre nettement plus dépouillée que les camper-vans traditionnels de Volkswagen. Elle ne dispose notamment ni d’un toit relevable avec couchage supérieur, ni d’un véritable bloc-cuisine intégré. On est ici plus proche du California Beach, entrée de gamme du Multivan California, à savoir un véhicule facilement utilisable au quotidien tout en permettant de partir dormir à son bord.
Deux places pour dormir, mais pas de toit relevable
L’aménagement repose principalement sur un couchage pour deux personnes de 2,03 m de long sur 1,20 m de large, complété par un matelas pliant de 9 cm d’épaisseur. Volkswagen ajoute des occultants, des grilles d’aération pour les vitres avant, ainsi qu’une table et deux chaises de camping disposant de leurs propres rangements.
Cette relative simplicité explique sans doute aussi comment Volkswagen a contourné l’une des difficultés qui avait longtemps retardé la naissance d’un ID. Buzz California : aménager lourdement un véhicule électrique déjà imposant en masse sans dégrader excessivement sa charge utile ou son autonomie.
Le constructeur n’annonce d’ailleurs pas encore d’autonomie homologuée spécifique à l’ID. California Cruise. Le véhicule est proposé sur la base de l’ID. Buzz Pro, à empattement court ou long. À titre de référence, l’ID. Buzz Pro millésime 2027 actuellement commercialisé dispose d’une batterie 400 volts de 79 kWh nets en version courte et de 86 kWh en version longue, pour respectivement 443 et 481 km d’autonomie WLTP. Dans les deux cas, le moteur arrière développe 210 kW, soit 286 ch. Les équipements supplémentaires du California devraient logiquement peser quelque peu sur ces chiffres, mais Volkswagen ne les a pas encore précisés.
La batterie sert aussi une fois à l’arrêt
L’électrique apporte en revanche quelques possibilités intéressantes pour un véhicule de loisirs. Le nouveau « mode California » maintient notamment actives différentes fonctions lorsque le véhicule est stationné. Il permet de gérer l’éclairage, de continuer à alimenter les ports USB mais surtout de maintenir chauffage ou climatisation pendant une durée pouvant atteindre 48 heures, là où la version PHEV du Multivan limite l’exercice à quelques heures. Celle-ci dépend évidemment de la charge disponible et de l’écart entre température intérieure et extérieure.
La fonction Vehicle-to-Load permet également d’utiliser directement la batterie de traction comme source électrique. Volkswagen annonce 2 000 W disponibles en continu, avec un pic de 3,6 kW. De quoi alimenter une cafetière, une bouilloire, une plaque de cuisson portable, une glacière ou encore recharger des vélos électriques. Cette possibilité compense en partie l’absence de cuisine fixe : l’ID. California Cruise paraît davantage conçu autour d’équipements de camping mobiles que comme une petite maison entièrement aménagée.
L’app mobile California évolue également pour intégrer les bornes à la planification des déplacements tandis que le Plug & Charge permet, sur les réseaux compatibles, de lancer automatiquement la recharge après branchement.
Une concurrence électrique encore très limitée
Volkswagen ne peut toutefois pas revendiquer le titre de premier camper-van électrique commercialisé en Europe même si parmi les grands constructeurs, le terrain reste pour ainsi dire libre.
Ford dispose bien d’un E-Tourneo Custom et d’un E-Transit Custom 100 % électriques, mais son véritable camper-van Nugget ne reste proposé qu’en diesel ou en hybride rechargeable de 232 ch, ce dernier n’offrant que 42 km d’autonomie électrique WLTP.
Idem chez Stellantis : Citroën commercialise un ë-SpaceTourer électrique pouvant atteindre 352 km d’autonomie, mais son SpaceTourer Holidays aménagé, avec toit relevable, cuisine et quatre couchages, reste exclusivement diesel.
Mercedes se trouve dans une situation comparable : l’EQV électrique existe et sert de base à des transformations indépendantes, tandis que le Marco Polo vendu directement par la marque demeure aujourd’hui diesel. Ainsi, dès 2022 le suisse Sortimo avait transformé un EQV en camper-van, avec toit relevable, couchages et kitchenette et le néerlandais Tonke propose toujours de son côté différentes versions aménagées du même EQV, dont certaines avec cuisine et toit relevable.
Un premier pas avant un California plus complet ?
C’est donc moins par son principe que par son statut que l’ID. California Cruise se distingue. Sans être le premier van électrique dans lequel il est possible de camper, il fait entrer officiellement une grande famille historique de camper-vans dans le 100 % électrique, avec vente et intégration directement assurées par Volkswagen.
Si pour le moment il faudra se contenter de cette formule plutôt simple, Volkswagen annonce déjà d’autres California électriques avant 2028. On peut donc raisonnablement considérer le Cruise comme le premier étage de la gamme, avant d’éventuelles variantes plus ambitieuses dotées d’un toit relevable, de quatre couchages ou d’une cuisine intégrée.
En attendant, ce premier ID. California pose surtout la question centrale du camper-van électrique : celle de l’autonomie réelle lorsqu’un véhicule chargé prend l’autoroute, parfois en hiver, tout en devant conserver suffisamment d’énergie à l’étape pour chauffer l’habitacle et alimenter les équipements. Sur ce point, les valeurs homologuées définitives et surtout les premiers essais sur le terrain seront plus instructifs que sa seule fiche technique.
Source et photos : Volkswagen









