Un aller-retour sur Vichy avec une Suzuki Swift d’entrée de gamme pour un test consommation ? Sur le papier, ça n’avait rien de forcément très excitant. Mais c’était sans compter sur le capital sympathie de cette petite grenouille japonaise. Ah, oui, la conso ? 5,1 l/100 km mesurés. La petite grenouille jaune anisette est mignonne ET sobre !
Il m’est impossible d’essayer une Suzuki sans emmener l’ami Christophe avec moi. Il faut dire qu’on avait vraiment sympathisé un jour d’essai Vitara en Bretagne, où nous avions découvert, sans le savoir à l’époque, ce qui allait devenir sa résidence de vie. Nous avions tant ri à rêver des « Volets Bleus » cet hôtel charmant aux murs de chaux blanche, qui une fois les portes franchies, s’était avéré être un Ehpad. Pardon une «Maison France Autonomie » selon le vocabulaire que les têtes pensantes gouvernementales ont pour volonté d’instaurer dès 2027.
Et puis les années ont passé. On riait moins. Une nouvelle évolution de Vitara nous a été proposée et puis Christophe est moins venu. Et puis, il n’est plus venu du tout. Et puis je suis allé le chercher pour l’emmener rouler, en mode passager, le plus souvent avec une Suzuki. Parce qu’on a tous les deux un faible pour la marque nippone et son équipe française. Mais là, alors que je partais pour un test de consommation sur Vichy, comment passer par Crozon tout au bout du Finistère (577 km de Paris) et filer à Vichy. Jamais Fanny la patronne, qu’on nous dit avoir été un temps blonde, ne laisserait partir mon compagnon d’échappées. Il faisait 33° à l’ombre sur la Bretagne et plus chaud encore à Vichy. Une cuvette au climat continental contrasté. Tant pis. Les eaux de la station thermale, si douces aux corps usés aurait pourtant fait le plus grand bien à sa carcasse cabossée.
L’idée d’aller tous les deux passer une soirée avec Lionel Charbonnier, Grégory Coupet, Jérémie Janot, Albert Rust, Mickaël Landreau, et d’autres gants d’or, franchement ça nous mettait en joie.
Il fallait partir, ma Suzuki couleur jaune coquille d’œuf, pardon « Cool Yellow », élue couleur de l’année au Japon en 2025, m’attendait au frais chez EVPark en banlieue sud, prête pour l’aventure. La Swift et moi j’avoue, c’est une histoire d’amour. Une toute petite auto (3,86m) parfaite pour la vraie vie. J’en ai même acheté une, il fut un temps. J’ai toujours aimé sa bouille, même si la génération actuelle s’est un peu égarée. La petite espiègle s’est dessinée une tête de grenouille. Celle des « têtes à claques » canadienne. Un série animée désopilante.
-Viens tu de péter toi là ?
-Non pourquoi ?
– Tu trouves pas que ça sent mauvais tout d’un coup ?
-Bah, ça sent le marais…On vit dans un marais.
Les deux s’embrouillent… Madame grenouille n’est pas contente… Et la grenouille mâle coupable finit par avouer à sa compagne.
-Ok oui j’ai pété là, mais c’était pour te remettre dans l’ambiance du marais… »
A chaque fois que je regarde ce sketch dont j’ai toujours le DVD, je ris de bonne grâce et pense à Christophe, la Tête à Claques des « Volets Bleus ». Christophe petite grenouille fragile bretonne. Lui qui fuit l’eau, sauf pour noyer son anisette.
-Eh Christophe au fait ! Ma Swift « Cool Yellow », elle est couleur anisette bien tassée.
-Fais une photo !
-Oui chef !
Il était décidément temps de partir et à l’heure où l’essence dépasse les 2 euros le litres nous avions décidé de partager la route l’ami Darren Tulett et moi. On avait tellement de choses à se conter et l’idée d’aller tous les deux passer une soirée avec Lionel Charbonnier, Grégory Coupet, Jérémie Janot, Albert Rust, Mickaël Landreau, et d’autres gants d’or, franchement ça nous mettait en joie. Escapade à la fois ludique et instructive. Et puis un autre ami, lui aussi gardien de légende, Vincent Duluc serait là. Vichy c’est sa ville de naissance, et a quelques jours de la finale de la Ligue des Champions et de la coupe du Monde, quelle belle occasion d’aller mettre en boîte une paire de sujets pour L’Equipe. Surtout que Christophe Lollichon, le préparateur de gardiens, longtemps à Chelsea avec Petr Cech, était de la partie. Et au-delà d’être un compagnon attachant, riche de mots de délicatesse et de sensibilité, il est aussi un penseur innovant du métier de gardien de but. Un chercheur, un découvreur, un pédagogue, une passeur d’énergie.
Nous étions donc sur la route à deviser et mon Anglais se payait une bonne tranche de plaisir à parler voiture. Lui qui veut s’acheter une bonne petite occasion. Polyvalente, amusante et décalée. Il pense Mini parce qu’il est Anglais. On lui donnera quelques conseils. Et on dérivera sur le débarquement des Chinois et leur imparable force d’attraction, avec une offre hybride difficilement battable côté prix/prestation. Ce jour-là, tombait sur mon mail l’annonce de l’arrivée prochaine de la toute nouvelle BYD Dolphin Super Hybride.
– Tiens, tu vois ! Je reçois ce mail à l’instant sur un nouveau modèle qui va venir chasser sur les terres de la Renault Clio et de la Yaris Cross. Deux hybrides. Au fait alors cette Suzuki ?
– Ben c’est sympa. On est pas mal dedans. On peut faire de la route sans souci, même à 130. Elle a une bonne bouille.
– De froggy ouais !
Une fois l’interface de l’écran central, un peu démodé, de la Swift maîtrisé, on surveilla notre consommation : 5,1 litres/100. Nickel. Et puis quel bonheur de profiter d’un tableau de bord à l’ancienne, avec de vrais compteurs analogiques, et de jolies aiguilles rouges. Comme avant. Et ça vieillira tellement mieux que les dalles numériques, déjà obsolètes le modèle à peine sorti, tellement la technologie consume l’espérance de vie des autos. Ces Ipads roulants, qui ne supportent pas l’usure du temps, parce que l’innovation va plus vite que la durée de vie d’une auto. Dans vingt ans, aucune voiture de grande série, produite en ce moment, ne pourra se déguiser en Young Timer.
Oubliée, dépassée, non réparable, non commutable, gavée de bugs impossibles à maîtriser. Bonne à l’oubli. Des voitures le plus souvent électriques, ou à minima électrifiées, simples objets de consommation jetables. Comme tout ce que nous achetons, venant ce Chine. Le piège s’est refermé. L’automobile est entrée dans l’ère du produit jetable.
Les kilomètres défilaient et la vie à bord nous réjouissait. Bien calés à 130 km/h puis 110 sur la Nationale 7, nous approchions de Vichy, avec l’envie de s’arrêter à Billy superbe village chapeauté d’une forteresse impressionnante. Mais pas le temps. Nous étions espérés à Vichy. Sur place nous attendait Jean-Charles Berton, organisateur de ce colloque d’entraineurs, éducateurs et légendes des buts. Avec en bonus, une exposition d’une vingtaine de maillots portés par Barthez, Lama, Coupet, Bats, Rust, Baratelli et autres Ettori.
La Swift pouvait aller sommeiller à l’ombre au CREPS, ex INF Vichy, là où nous avions établis nos quartiers, au milieu d’équipes de jeune de volley-ball. Plateau repas au self et nuitée sur site. Une ambiance colonie de vacances avec une bande de pas bégueules du tout. Avec, maître incontesté des anecdotes, Lionel Charbonnier. Quand on passe de Tahiti à l’Indonésie puis au à la RDC (ex Zaïre) c’est qu’on a choisi de vivre pour conter plus que pour compter. Un vrai parcours de patachon pour ce zébulon attachant généreux et habité.
Mais moi j’étais là pour parler Suzuki. Ca sera pour le retour avec Darren. Un peu plus loin sur la table dite des « Légendes », une place était restée vide. Un gardien actuel était planté sur la route. Sa Lamborghini n’avait pas supporté la chaleur. Et s’était transformée en tea-pot fumant. Nous avec notre Suzuki Swift 1,2 l SHSV, dont le prix varie de 17 500 à 21 450 euros nous étions là. Et bien là. Ah… ma petite grenouille !









