Les histoires d’amour finissent mal en général. Et puis il est des passions, qui se muent en attachement pérenne. La tendresse. Polo pour célébrer ses 51 ans, se réinvente en passant en mode « full électrique ». Et nous voilà confrontés à l’ivresse des sentiments. Et soyons honnête la Polo branchée, nous a arraché une larme, d’essence. Parce que la nostalgie est toujours ce qu’elle était.
PROPRIANO – Les histoires d’amour finissent mal en général. Et puis il est des passions, qui se muent en attachement pérenne. La tendresse. Polo pour célébrer ses 51 ans, se réinvente en passant en mode « full électrique ». Et nous voilà confrontés à l’ivresse des sentiments. Et soyons honnête la Polo branchée, nous a arraché une larme, d’essence. Parce que la nostalgie est toujours ce qu’elle était.
L’adieu au thermique est toujours un défi et un crève-cœur. Surtout si on se souvient tout gamin s’être offert d’occasion une VW Derby, après avoir explosé notre Simca 1000 verte contre le museau d’une R16 TS blanche. Une Derby ? Eh oui, une Polo avec un coffre. Une rareté en France, qu’on regrette quarante ans plus tard avoir vendue. Mais cette Derby, d’un joli vert profond, intérieur tabac blond, c’était quand même une Polo. La fameuse fourmi.
Et là, nous voilà en vadrouille en Corse à devoir apprivoiser une fourmi à câble. Il a bien grossi notre insecte : +6 cm de large (1,82m) par rapport à la Polo dernière génération née en 2017, + 7 cm en hauteur (1,59m), mais tout de même moins 2 cm en longueur (4,05m). Ce qui devient rare dans l’industrie automobile. Et ce tout en proposant un immense coffre de 441 litres, avec le double fond. Sacrée bonne surprise.
Un air de famille
À l’œil ce n’est pas le coup de foudre. On retrouve certes sur la face avant de l’ ID Polo un air de famille, mais vu de derrière nous voilà plongés dans un autre univers. Plus cubique.
Les goûts, les couleurs… Pour cet essai, pas de teintes acidulées. Un bleu presque nuit. Discret, comme un bouton de veille de clim’ en mode température douce, venant éclairer nos rêves interrompus d’une Polo originelle, celle née en 1975. Un jouet au regard des normes actuelles. Pas très photogénique ce bleu, mais qu’importe, le frisson est ailleurs. Sur la planche de bord avec parmi les options d’écrans un revival numérisé des compteurs analogiques de la première génération de Polo. L’authentique. Forcément une madeleine de Polo pour les nostalgiques, qui semble avoir touché les jeunes essayeurs croisés l’autre semaine en Corse. Les geeks choisiront eux un thème d’écran plus dans l’air du temps, avec bien évidemment un écran central assez simple d’accès et le retour des touches physiques pour l’accès clim. Enfin ! Un à un les constructeurs vont finir par écouter les utilisateurs qui n’en peuvent plus de naviguer sur la dalle centrale pour changer de température, connecter leur téléphone, choisir leur station radio et déconnecter les insupportables ADAS (aide à la conduite).
L’ID Polo est une auto essentielle dans la stratégie de VW en Europe. Une citadine électrique qui se lance dans la bataille des prix. Avec quels atouts ?
Économe fourmi
Au volant, cette ID.Polo cultive les bons points. Tenue de route saine, amortissement parfait malgré des pneumatiques de 18 ou 19 pouces (pourquoi ces montes surdimensionnées ?) position de conduite évidente, ergonomie convaincante, sièges bien enveloppants. La dynamique moteur est classique pour une électrique. Avec le 211 chevaux essayés, l’auto est vive, sans caricature et c’est là que viennent les premiers reproches. Faute de palettes au volant pour jouer avec la génération d’énergie et provoquer du frein moteur, la conduite dynamique s’avère peu convaincante. En mode confort, le freinage reste flou avec une accroche de la pédale un peu légère. En mode sport, Polo enroule les virages avec grâce, mais automatiquement un mode régénération s’enclenche, ce qui au lever de « gaz » – pardon de « watts » – impose un simili frein moteur incohérent. Et ce même sans avoir connecté les deux modes de régénération via l’écran central.
Moralité, faute de palettes au volant cette Polo n’a pas vocation à assumer ses 211 chevaux. Seule solution aller programmer un mode individuel pour optimiser le mode de conduite le plus cohérent pour vous. Mais Polo a été pensée pour une conduite apaisée. Et là, nous avons consommé moins de 13 kWh au 100. De quoi valider hors autoroute, en jouant avec les modes récupération, une autonomie de 453 km. Et ce avec la « grande » batterie, puisqu’une version entrée de gamme pour les usagers ayant une prise à domicile et un usage à rayon d’action limité offre une autonomie théorique de 323 km (batterie 37 kWh contre 52 kWh).
Un tarif dicté par la concurrence
Côté prix VW, sait devoir mener bataille avec la Chine et faire mieux que Renault avec la 4 ou la 5 et quelques outsiders comme la Hyundai Inster. On communique donc chez VW avec des prix bonussés de 1 000 à 3 000 euros avec en plus une prime CEE de 3 535 euros qui permet de valider une offre prix démarrant à 20 460 euros et grimper par degré de finition jusqu’à 33 455 euros aides déduites. De quoi considérer Polo dans le match des citadines électriques. Avec pour cette Polo un degré de finition digne des standards VW et une image construite au fil des décennies d’une voiture sympathique, fiable, pratique et rassurante. Comme quoi la raison finit par succéder à la passion. Un gage de longévité.
Verdict
Les +
- Autonomie
- châssis affuté
- Retour des touches physiques
Les –
- Pas de palettes au volant
- Freinage manquant de mordant
- Look arrière pas très Polo









