Au volant du nouvel Audi Q3, mon copilote et ses lubies

Contenu de l'article

Là ça ne rigole pas. Audi avec son tout nouveau Q3 joue gros. Le SUV compact de la famille aux anneaux, est au cœur de ce que réclame le client hexagonal. La France automobile réclame des SUV. Que l’on soit patron de flotte ou particulier, ce sera un SUV ou rien. On peut ne pas partager cet engouement, mais on se doit de l’accompagner ici. Et continuer quand même à rouler en berline, en cabriolet, ou en voiture ancienne au quotidien. Des propulsions toutes les trois. Non mais ! 

Tout sur l’écran

Alors, tant qu’à essayer un SUV, autant se payer le luxe de rouler premium. Avec à minima la certitude, comme rien ne ressemble plus à un SUV qu’un autre SUV, de vivre une expérience raffinée à bord. Parce que ce Q3, joue avant tout la carte de la séduction. A commencer par cette dalle incurvée occupant tout le cockpit passager et offrant un duo d’écran solidaires. Un argumentaire essentiel aujourd’hui. Et dire qu’hier nous nourrissions nos papiers de couple quantifié en Newton mètre (Nm), de 0 à 100 km/h en secondes distillées, où nous décortiquions encore le maintien de cap.

Désormais le concept automobile vaporise un autre slogan dominant : « Bienvenue à bord ». La séduction par le bluff. La guerre des dalles est déclarée. C’est à celui qui offrira la plus pointue, la plus grande, la plus HD, jusqu’à parfois oublier la simplicité, l’ergonomie, la facilité d’usage. Audi propose donc avec son Q3, une dalle numérique réservée jusque-là aux navires amiraux de la gamme. A nous essayeurs de digérer toutes ces informations et l’emballage marketing associé, avant que de prendre le volant de notre Q3 Sportback, d’un bleu profond, sur les routes de Toscane. Sous le capot un moteur PHEV (hybride rechargeable) bien connu de la famille VW and co, offrant 272 chevaux. Une technologie bénie par les patrons de flottes d’entreprise qui savent, que fiscalement, acheter une voiture branchée, réjouit le Directeur financier. Mais bon, nous étions là pour essayer une auto, pas pour débattre des niches fiscales pour entrepreneurs. Il y a des journaux professionnels qui font ça avec brio.

Encore fallait-il avant cela, valider un atterrissage musclé à l’aéroport de Florence. Le pilote Air France avait prévenu : « c’est une piste très courte, nous allons devoir freiner au maximum du potentiel de l’avion. Ca va un peu secouer alors rangez vos téléphones, vos tablettes, vos sacs et serrez bien vos ceintures ! » Oui Commandant !

Des brocolis à table ? On nous prend pour des jambons ! / E. Bielderman

Ah ben là j’essaierais bien le mode parking automatique à mémoire.

Effectivement ça freine fort un Airbus A220-300. Et puisqu’il est question de freinage on sera surpris, un peu plus tard, au volant du Q3 sur les routes enlacées autour des vignes de Chianti, par le manque de mordant du Q3. Une pédale un peu trop « onctueuse ». C’est sûr on ne se risquera pas à atterrir à l’aéroport de Florence avec notre Sportback.

Très vite il devint évident de passer en mode « Dynamique » pour gagner un peu en rigidité, en retour de volant et en mordant au freinage, mais bon ce Q3 n’a pas vocation à être bousculé. Une des tares de notre métier c’est de vouloir pousser dans ses ultimes retranchements toutes les autos, même celles destinées aux pères de familles responsables. D’ailleurs après quelques expériences à hautes suées, on a vite appris à bien étudier le pedigree de son binôme pour rouler. On connaît tous quelques affolés du compte tour et des trajectoires tendues. Certains se pensent Max Verstappen, mais à se poser à leurs côtés, on les mesure Lance Stroll.

La sagesse venant avec les années, on roule donc en père peinard. Cette fois je retrouvais Jérôme Bourret un collègue de L’Equipe, mon ex journal, un Ardéchois au cœur fidèle et au coup de volant mesuré. Sauf quand il vous dit :

Ah ben là j’essaierais bien le mode parking automatique à mémoire.

-T’es gentil Jérôme, mais si c’est pour faire une jante contre un trottoir, alors là non merci. Ces trucs là c’est bien sur le papier, mais les anciens du milieu te le diront, pour éviter les soucis on oublie de tester ces « assistants de conduite ». D’ailleurs le premier réflexe que l’on a tous en essayant une voiture, c’est de déconnecter toutes ces aides. Même si le futur acheteur va payer le prix fort pour subir ces bips, ces radars et le fameux Niveau 2 de conduite autonome… Le seul conseil valable, trouver le bouton magique qui permet de tout déconnecter. Seule arme anti-Bruxelles !

-Ah tu veux pas donc ?

-Ben bof, sauf si tu veux fâcher Philippe, le responsable du parc presse, en lui rendant ton Q3 avec une jante en bois…

– Bon d’accord on file. Un petit somme en mode sac de sable sur le siège passager et réveille moi à l’arrivée pour le déjeuner.

-Oui mon Waze…

Toute messe mérite son vin / E. Bielderman

A table, nous en étions donc à disserter sur le moelleux de la pédale de frein, mais quand arriva la tartelette aux légumes de saison, la conversation dériva. On venait de passer devant une cave de salaisons ou pendaient des jambons joliment fumés. Et là on nous servait des brocolis. Ah non, pas après cette violente traversée des caves de séchage.

Mais déjà il fallait repartir. En novembre la nuit tombe vite. Même au pays des lumières caressantes. Deux heures à cheminer entre champs d’oliviers figés par l’hiver annoncé, et carrés de vignes aux feuilles rousses agonisantes. Exstase sous un soleil de satin bleu. Et de rouler en mode électrique non forcé, pour voir la batterie assumer son autonomie de 120 km annoncés et la consommation essence couplée ne pas dépasser les 6 litres / 100.

Avec un mini stage à l’arrière pour vérifier que la banquette est bien inclinable et coulisse sur 13 cm sur la version Sportback. Un design coupé donc, qui va peser les 2/3 des ventes face au Q3 classique. Puisqu’il faut parler budget, la version 150 ch avec un moteur micro hybridé démarre à 46.350 Euros mais comptez plus 57.000 Euros pour le modèle PHEV proposé à l’essai et 63.500 Euros pour la finition S Line. On imagine donc le client réel se lancer plutôt sur un LOA ou un LDD pour limiter la casse.

Vint enfin l’heure de dîner. Ben oui, on mange beaucoup en essais. Et de voir surgir des épinards et des haricots, compagnons d’un poulet habillé de champignons, alors que on se rêvait à ripailler à coup de spaghetti aglio olio e peperoncino.

Ce sera pour le prochain GP d’Italie de F1 en septembre prochain à Monza. J’ai une adresse magique, non loin du circuit. Mais chut… c’est un secret. Enfin sauf si la famille Audi France débarque sur ce GP l’an prochain, puisqu’en 2026 la marque aux anneaux va effectuer ses débuts en F1.

Le challenge ultime pour une griffe qui ne vient jamais en compétition pour faire de la figuration. Allez jeter un œil sur leur palmarès aux 24 Heures du Mans (13 victoires entre 2000 et 2014), triomphe sur le Dakar en 2024, et bien avant en rallye (WRC) avec l’Audi Quattro (championne du monde constructeurs en 1982 et 1984). Sans oublier depuis le rachat de Ducati par Audi en moto, les six titres constructeurs enchainés (2020/2025). Deux roues, quatre roues, Audi est champion partout où il passe.

 

Bon je vous laisse j’ai envie de spaghetti aglio, olio e peperoncino.

 

Les 🤗 et les 🤔 du Q3 Sportback

🤗

– look et finition 

– la dalle numérique

– la consommation

🤔

– le freinage paresseux

– comportement bien sage

– les tarifs

Erik Bielderman

Après une quinzaine de saisons à essayer des autos pour L’Équipe et pour L’Équipe Magazine, vient l’envie de conter les coulisses du petit monde des essayeurs. Allez ! Je vous embarque avec moi sur un essai constructeur comme si vous y étiez. Suivez Erik sur X : @erikbielderman et sur Instagram : @erik.bielderman

Étiquetté :