Un décor tiré du film de Gérard Oury avec Bourvil et Louis de Funès. Des étapes gourmandes dans l’Yonne profonde. Un hommage à Johnny Hallyday et aussi le e-Vitara, première voiture 100% électrique signée Suzuki. Un nouvel essai façon This is Bield !
La Roche-Migenne, 5 minutes d’arrêt
Essayer un SUV électrique demande esprit d’ouverture, plus que foi en l’automobile. Aussi pour son premier 100% branché, Suzuki habitué à nous apporter astuces, plaisir et prix contenus avec sa gamme de véhicules hybrides se devait de nous rassurer et surtout de nous étonner. Donc « roulage » décalé, conseillé.
Déjà le lieu. RV à la gare Paris-Bercy. TER 2de classe pour Laroche-Migennes. Tiens tiens… Puis une dizaine de Suzuki alignées à l’arrivée Place Johnny Hallyday. T’es sûr ? Oui, oui… C’est ici que l’idole des jeunes a signé son premier contrat (500 francs de l’époque, plus un billet de train aller-retour). Un concert donné au cabaret L’Escale les 16 et 17 avril 1960. Avec Jean Constantin en vedette principale ! Plus tard Johnny reviendra chanter au Vieux Colombier dans ce bourg de l’Yonne. La Grande vadrouille ensuite, parce que le road trip allait nous emmener sur les chemins de traverse et les villages, ayant servi de cadre pour le tournage de quelques scènes mythiques entre Bourvil et Louis de Funès. Comme l’arrivée à l’Hôtel du Globe à Noyers-sur-Serein, où les deux compères débarquèrent à vélo pour dormir. Avec un Louis de Funès se trompant de chambre en pleine nuit, pour se retrouver sans le savoir dans le même lit qu’un gradé allemand. Ou le vol de camion avec des courges tourné à Lichères-sur-Yonne.
Forcément cet essai ne pouvait qu’être joyeux, espiègle, un peu fou, donc réussi. Restait à évoquer un SUV électrique… Allait-on retrouver la même philosophie dans ce e-Vitara, posé sur une plate formé dédiée, qu’avec le Vitara thermique, repensé en 2015. Avant d’essayer l’auto avec mon collègue Christophe, un as de la presse pro, et aussi joyeux bougon que Louis de Funès, il nous parut essentiel de valider ses formes anglées et musculeuses annonciatrice du futur Vitara hybride relooké.
Les voitures électriques ce sont des machines à laver branchées, mais si tu me cites t’as qu’à dire que c’est l’autre Christophe qui balance sur les voitures à fil.
Christophe, dit Christophe
Après onze années, la ligne du Vitara thermique, mérite un coup de fraicheur. On va donc chez Suzuki réinterpréter le design du grand frère électrique et offrir aux adeptes un Vitara apprêté. En 2027 sans doute. Coup de jeune essentiel, le Vitara étant le best seller de la marque en Europe.
Une fois au volant, avec l’ami Christophe, nous n’avions que verbes et d’oreilles pour évoquer le futur Vitara essence. Voilà ce que c’est de voyager entre séniors accro au thermique. Comme il y a deux mois, avec un autre ex cador du métier, où nous avions roulé sous la neige avec un Vitara « AllGrip » donc 4X4, sous les flocons hivernaux bretons et les pluies d’une Normandie chafouine. L’ex-seigneur de la presse auto, résidait aux « Volets Bleus » un Ephad voisin de la presqu’île de Crozon. Et comme l’ami avait sa dignité, il m’avait demandé à ce que je ne donne pas son vrai prénom dans ma chronique-essai. Je l’avais donc baptisé Christophe. Mauvaise pioche, puisque cette fois mon co-pilote s’appelle lui, vraiment Christophe. Et celui-ci, n’a pas besoin d’un « bon de sortie » de Fanny la marâtre des « Volets Bleus », pour m’accompagner.
Informé du doublon de prénom mon ami se mit à maugréer très fort à l’idée d’être confondu avec le gars de l’Ephad. Je n’eus d’autre choix que de pester pour rire contre les électriques histoire de lancer le juke-box à persiflage !
Christophe maugrée donc : « Les voitures électriques ce sont des machines à laver branchées, mais si tu me cites t’as qu’à dire que c’est l’autre Christophe qui balance sur les voitures à fil. »
Une fois défoulé, notre collègue pouvait retrouver une peu de sérieux. Et chanter les louanges de ce nouveau SUV. À commencer par la vie à bord. Une vraie montée en gamme, même si on regrette l’abandon des compteurs analogiques, une spécificité Suzuki, parce que l’écran d’instrumentation proposé est peu lumineux et avare en informations. Heureusement la dalle centrale, sans être d’une finesse absolue, est conviviale et assez intuitive. Non, ce qui frappe c’est le niveau de finition qui grimpe de deux étages. Certes certains plastiques sont encore très durs, mais le e-Vitara fait aujourd’hui référence au sein de la famille Suzuki. C’est joliment assemblé et valorisant. Compteurs mis à part, nous validons.
En mode dynamique, ce SUV compact (4,27 m) ne révolutionne en rien l’univers des SUV branchés. Il prend un peu de roulis en appui et demande une conduite apaisée, mais comme tous les électriques ça déménage bien à l’accélération. L’assise est confortable, malgré un amortissement un peu sec sur les ralentisseurs. Coté consommation on est dans la moyenne haute avec 19 kWh /100. Côté recharge rien d’exceptionnel : 45 mn pour passer de 10 à 80% sur les bornes dédiées. On a connu mieux. Cette voiture avec une autonomie flirtant avec les 400 km théoriques, n’est pas une vraie avaleuse de kilomètres, mais plutôt une polyvalente pour suburbains. Les batteries amputent le volume du coffre (244 litres) mais comme les sièges arrière coulissent de 16 cm ont peut partir à deux bien équipés (310 litres de volume). À quatre, ce sera une autre histoire.
Mais voilà chez Suzuki aussi, il faut décarboner la production et chaque e-Vitara vendu (aux entreprises surtout) « bonussera » le calcul moyen de grammes de CO2 par véhicule vendu. L’objectif en année pleine reste modeste : 2 000 ventes de e-Vitara.
Une auto qui pourra séduire à condition d’opter pour la version quatre roues motrices. À condition aussi de profiter d’une remise de 4 000 euros sur les tarifs catalogue qui positionnent la version haut de gamme, avec boite auto et système « AllGrip » (4X4) génial à 36 800 euros ou 33 800 Euros pour la finition intermédiaire baptisée «Privilège ». Reste à savoir jusqu’à quand Suzuki va rester agressif sur les prix ? À fin juin c’est garanti. Au-delà le marché dictera. Face à l’offre chinoise des MG, BYD autres Jaecoo, le bon sens nippon assumé par Suzuki se trouve attaqué.
Il faut donc chez les Japonais trouver d’autres arguments. La fiabilité légendaire de la marque en est un. Régulièrement classé dans le top 3 au niveau international, Suzuki fait simple à prix serré et promeut des technologies éprouvées, plutôt que l’aventure high tech. Autre argument, une offre de garantie prolongée jusqu’à 10 ans (ou 200 000 km) renouvelable chaque année après l’an trois, à condition de faire entretenir sa Suzuki dans le réseau en mode annuel ou km recommandé. Un passage vaudra un an de garantie en plus, jusqu’à dix saisons donc au total. Offre valable même sur les Suzuki déjà immatriculées après passage au diagnostic Suzuki. Un moyen pour les concessions de fidéliser le client et après avoir vendu à marge serrée, de garder la main sur l’entretien.
Christophe pouvait sourire à la vie. Sous un ciel printanier à la frontière nord de la Bourgogne, la balade au volant du e-Vitara semblait l’amuser. À condition de ne pas trop mettre de rythme au volant, sous peine de voir l’homme souffler un « oh là, oh là » réprobateur. Il faut dire qu’après avoir découvert la sublime et conviviale cuisine double étoilée de La Côte Saint Jacques, puis d’avoir le lendemain ripaillé dans une auberge bourguignonne généreuse en sauces, il était conseillé de ne pas abuser de la pédale d’accélérateur. C’est fragile les bougons. Et surveiller la consommation de kW. Et le soir ne pas se tromper de chambre à la Côte Saint-Jacques, histoire de ne pas aller finir sa nuit avec le Major Achbach et son chauffeur au ronflement d’un thermique en mode échappement libre.
Ce qu’on en pense
– Look au goût du jour
– Système 4×4 AllGrip
– Finition
– Charge trop lente
– Coffre réduit
– Toit panoramique, mais non ouvrant









