iFi Go Blu Air : la haute fidélité Bluetooth accessible

Avec la multiplication des smartphones et baladeurs dépourvus de prise jack et la montée en puissance des codecs Bluetooth haute résolution, les DAC-amplificateurs portables sont devenus des compagnons intéressants pour les nombreux amateurs de musique. Dans ce contexte, iFi Audio s’est forgé une solide réputation en proposant des produits compacts, orientés performance sonore, souvent inspirés de solutions issues du monde audiophile sédentaire.

Proposé à 149 € (lors de ce test), Go Blu Air s’inscrit dans cette continuité, tout en marquant une inflexion stratégique claire : proposer une version plus accessible du Go Blu original, sans sacrifier la qualité sonore qui a fait le succès du modèle initial. Voyons ensemble quels sont les choix techniques, les compromis assumés et les usages réels de ce DAC Bluetooth portable.

Deux prises jack sont proposés : 3,5 et 4,4 mm / iFi

Un Air façon Ifi

Dans l’industrie technologique, l’appellation « Air » est souvent associée à une réduction de poids et d’épaisseur, parfois au détriment de la dissipation thermique, de l’autonomie ou des performances. iFi Audio adopte une approche sensiblement différente : le suffixe « Air » désigne ici un produit plus léger et plus abordable, mais qui conserve l’essentiel de l’architecture audio du modèle supérieur.

Le Go Blu Air reprend ainsi la signature sonore et la philosophie du Go Blu, tout en simplifiant certains aspects matériels et fonctionnels. L’objectif n’est pas de réinventer la formule, mais de la rendre plus accessible, tant sur le plan financier que sur celui de la portabilité.

La molette permet de régler le volume et de contrôler la lecture ; le petit bouton offre de choisir différents mode audio (basse, spatialisation…) / iFi

Design et qualité de fabrication 

Avec des dimensions de 53,5 × 33,7 × 19,5 mm pour un poids plume de 31 g, le Go Blu Air se positionne clairement parmi les DAC-amplis Bluetooth les plus compacts du marché. Cette légèreté se traduit par une excellente portabilité : glissé dans une poche ou fixé à un vêtement grâce au clip magnétique fourni, il se fait rapidement oublier.

Le contenu de la boîte est minimaliste, mais 100 % fonctionnel : un câble USB-A vers USB-C pour la recharge, une pochette en microfibre et le clip magnétique suffisent à couvrir l’essentiel des usages nomades.

Là où le Go Blu original misait sur une impression de robustesse et de sophistication mécanique, notamment grâce à sa molette « Chronodial », la version Air opte pour une approche plus ludique. Le boîtier en plastique translucide, associé à une surface façon simili-cuir, évoque pour  l’esthétique de l’électronique grand public du début des années 2000. 

Ce choix a deux conséquences :

  • une perception de qualité inférieure au toucher, avec des boutons et une molette un peu moins satisfaisants en retour haptique ;
  • une identité visuelle originale, qui met en valeur les composants internes visibles à travers la coque arrière transparente. Un détail plutôt sympa.

Il s’agit donc d’un compromis qui permet de réduire les coûts de fabrication tout en conservant une identité forte. De toute façon, vous l’aurez davantage en poche ou à la ceinture qu’exposé aux yeux de tous.

Le clip magnétique permet d'accrocher le Go Blu Air à un vêtement / iFi

Ergonomie et commandes

Le Go Blu Air propose une grande partie de ses réglages directement via les boutons physiques : sélection des filtres, appairage Bluetooth, activation des fonctions xBass et xSpace, ou encore remise à zéro de l’appareil.

Cette richesse fonctionnelle a cependant un revers : la logique de combinaisons de pressions (pressions courtes, longues, répétées) peut rapidement devenir déroutante. Au début, on revient souvent sur la petite fiche de prise en main fournie pour exploiter pleinement l’appareil. 

Une application mobile, iFi Nexis, permet heureusement de simplifier certains réglages, notamment la sélection et le forçage du codec Bluetooth et la mise à jour du firmware.

En revanche, l’absence d’égaliseur paramétrique ou de réglages plus avancés limite les possibilités de personnalisation logicielle, un point que certains utilisateurs exigeants pourront regretter.

Captures de l'app iFi Nexis pour iPhone / © jessaye.fr

Architecture et choix techniques

Fidèle à sa philosophie, iFi Audio a conservé une architecture audio en trois blocs distincts :

  1. Réception Bluetooth 5.2, confiée à une puce Qualcomm QCC5144, reconnue pour sa stabilité et sa compatibilité avec les codecs haute résolution.
  2. Conversion numérique-analogique, assurée par une puce Cirrus Logic de la série MasterHiFi (probablement CS43198), réputée pour son équilibre tonal et sa faible consommation en énergie.
  3. Amplification analogique, basée sur une configuration double mono, avec des composants de qualité audiophile (condensateurs TDK C0G, muRata, amplificateurs opérationnels OV Series).

Cette approche permet de limiter les interférences entre les différents étages, tout en offrant une restitution sonore cohérente malgré le format ultra-compact de l’appareil.

Côté connectique, le Go Blu Air propose deux sorties casque :

  • une sortie 3,5 mm S-Balanced, conçue pour réduire la diaphonie et le bruit de fond avec des intra-auriculaires sensibles ;
  • une sortie symétrique 4,4 mm, délivrant jusqu’à 256 mW et capable de fournir une tension suffisante pour des casques à forte impédance.

Si l’on reste loin des performances dynamiques d’un amplificateur hi-fi dédié, on peut aisément mettre à forte puissance les casques les plus gourmands. De notre côté, nous avons beaucoup apprécié l’écoute sur notre Final Audio Pandora Hope VI, un casque japonais Hi-Fi d’une grosse dizaine d’années, mais toujours au top.

© Netgear

Compatibilité étendue

Le Go Blu Air repose sur la norme Bluetooth 5.2 et prend en charge un large éventail de codecs :

  • SBC et AAC pour la compatibilité universelle ;
  • aptX Adaptive ;
  • LDAC ;
  • LHDC/HWA.

Cette polyvalence permet de s’adapter aussi bien aux écosystèmes Android qu’iOS, Mac ou Windows. La connexion est très stable, avec des portées satisfaisantes, bien que les codecs les plus exigeants comme LDAC nécessitent de rester à quelques mètres de la source pour éviter les micro-coupures. S’agissant d’un produit nomade, cela n’est absolument pas gênant.

Autonomie et recharge

Malgré sa taille réduite, le Go Blu Air affiche une respectable autonomie d’environ 9 à 10 heures en AAC et autour de 7 à 8 heures en LDAC, selon le volume et la charge des écouteurs ou casques utilisés.

La recharge complète via USB-C s’effectue en environ une heure, ce qui le rend particulièrement adapté à un usage nomade quotidien et des trajets prolongés.

Performances sonores

Le Go Blu Air conserve la « signature iFi ». Celle-ci se traduit par une restitution légèrement chaleureuse, avec des basses pleines et des médiums charnus, sans excès dans l’aigu. Cette approche vise davantage le plaisir d’écoute que l’hyper-neutralité. Les fonctions xBass et xSpace jouent évidemment un rôle dans cette identité. Le mode xBassrenforce le registre grave, utile avec des casques ouverts ou des intras manquant d’assise dans le bas du spectre, tandis que xSpace élargit la scène sonore, apportant une sensation d’ouverture bienvenue sur des casques à scène intimiste. Les deux modes peuvent être utilisés de concert. Ces traitement DSP sont globalement subtils et bien intégrés ; ils évident en tous les cas l’effet artificiel souvent associé à ce type de fonctions.

Côté intra, la majorité des intra-auriculaires du marché sont alimentés sans difficulté par le Go Blu Air. Toutefois, les modèles très sensibles peuvent révéler un léger bruit de fond, perceptible à bas volume ou en l’absence de musique. Ce phénomène reste discret et disparaît dès que la lecture démarre, mais il peut gêner les utilisateurs les plus exigeants sur le silence de fonctionnement. Avec des intras hybrides ou multi-transducteurs moins sensibles, la restitution est ample, dynamique et cohérente, avec une scène sonore étonnamment crédible pour un appareil de cette catégorie.

Avec des casques à impédance élevée, le Go Blu Air fait preuve d’une réserve de puissance honorable. Le volume maximal est suffisant pour des écoutes autour de 75 à 80 dB SPL, mais la dynamique et l’impact restent en retrait face à des solutions filaires plus imposantes. 

On peut ici à nouveau souligner l’intérêt des fonctions xBass et xSpace pour compenser certaines limites intrinsèques des casques ouverts ou anciens, notamment en matière d’extension dans le grave et de largeur de scène.

Enfin, par rapport au Go Blu originel, les différences sonores sont minimes. Le Go Blu Air oublie la conversion DAC depuis l’USB-C, mais coûte en contrepartie moins cher de 70 €.

VERDICT

Le iFi Go Blu Air ne cherche pas à bouleverser le marché des DAC-amplificateurs portables. Son ambition est plus mesurée, mais aussi plus réaliste : offrir une expérience sonore de haut niveau dans un format ultra-portable et à un tarif plus accessible que son prédécesseur. Bref, un DAC Bluetooth cohérent et bien ciblé.

+ la qualité de sa restitution sonore ;

+ la richesse de sa compatibilité Bluetooth ;

+ une autonomie solide et une recharge rapide ;

+ des fonctions xBass et xSpace réellement utiles ;

– des commandes pas toujours intuitives.

Alexandre Lenoir

Plus de 30 ans de presse tech et auto n'ont pas entamé sa motivation. Alexandre teste passionnément tout ce qui roule et se connecte, tout en conservant un regard critique. Pour lui, la bonne techno est celle qui est avant tout utile !

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