A l’essai, un sacré SUV, baptisé Jaecoo 7, nouvel entrant hexagonal « Made in China ». Rendez-vous nous avait été donné sur un quai de Seine sinistre. Un vrai décor de film d’atmosphère. Un mix, selon éclairage, à mi-chemin de l’univers du « Samouraï » de Jean-Pierre Melville et du « Subway » signé Luc Besson.
Temps gris et univers polychrome
Drôle d’endroit pour une rencontre. Un quai de Seine, et pas des plus aguicheurs. La façade tags de l’ère Hidalgo. Des tentes d’infortune, des zombies encapuchés, de la polychromie à la bombe, pour habiller la misère et le béton. Des camions aussi, crachant leurs fumées de gasoil, venant afficher leurs muscles et décharger leurs palettes au fond d’entrepôts bien sombres. Et des codes barres partout et encore, pour accéder aux pavés à fleur d’eau. Ici le badaud se fait rare. Un décor à tourner une série noire, malgré la coloration des murs. C’est sur ce quai d’Austerlitz, le si mal nommé, que Chery, nouveau constructeur chinois sur le marché français, nous avait donné rendez-vous. Et en guise de cerises « on the cake » Omoda et Jaecoo, ses deux marques importées en France. L’hexagone, nouvelle terre de conquête à l’international de Chery.
Pour ce premier rendez-vous avec la marque, le modèle proposé à l’essai issu de la famille Jaecoo, ici le 7, s’affiche en mode SUV de 4,50m de long et 1,86m de large. Sa calandre imitant un sourire de baleine gourmande à l’heure de ratisser un banc de krills, lui confère un look plutôt original et surtout amplifie le dessin et donne l’impression d’un véhicule plus large, plus long, plus haut qu’il n’est.
Même sensation à l’intérieur. Habitabilité au max et espace aux jambes à l’avant comme à l’arrière remarquable. Seul le coffre pêche (420 litres environ).
Un décor d’industrie, peut-être pour nous rappeler Wuhu, la ville d’origine du constructeur Chery. Une bourgade vue de Chine, avec selon les estimations officielles entre 1,6 et 2,3 Millions d’habitants. Soit l’équivalent de Paris.
Erik Bielderman, aspirant réalisateur (et non le contraire)
Un décor d’industrie, peut-être pour nous rappeler Wuhu, la ville d’origine du constructeur Chery. Une bourgade vue de Chine, avec selon les estimations officielles entre 1,6 et 2,3 Millions d’habitants. Soit l’équivalent de Paris. Ce qui place Wuhu à la 47e place des plus grandes cités de Chine. Une place Peut-être que se disputent en France, Saint-Etienne et Tours (130/150.000 hab).
Mais passons. Difficile après cette « prise en mains » de se faire une idée précise des qualités dynamiques de ce Jaecoo 7 vu le parcours essentiellement péri urbain. En tout cas dans les embouteillages, on aura profité du confort, d’un équipement plus que complet, avec tout ce que la technologie embarquée peut proposer. Etablir ici un listing, n’aurait guère de sens, puisqu’il ne manque rien à cette auto en version dite « Exclusive » affichée à 37 990 Euros. Allez si, on a trouvé ! Pas de sièges massants. Ils sont juste à mémoire, chauffants (comme le volant) et réfrigérants. C’est vous dire…
Tout juste aura-t-on noté sur l’autoroute, alors que la pluie redoublait, sous trafic enfin fluide, que les pneumatiques d’origine coréens, sont indignes de la voiture. Une mauvaise habitude des Chinois arrivant sur nos marchés, avec des pneus carrés, mais qu’ils corrigent très vite. Pour le reste, dans les phases de bouchons, mon collègue – qui passera sa matinée à converser avec quelques hautes autorités de l’Etat, me laissant porter la casquette de chauffeur de maître – avouera, bien lové dans son siège chauffé, que ce Jaecoo 7 était bien à la hauteur du fessier de sa sommité.
Et nous deux de s’avouer séduits par le design intérieur, la qualité des matériaux et l’assemblage. Forcément ça interpelle. On est dans les tarifs de BYD avec son Sealion 5-DMi, quoi que plus (ou trop ?) grand — 4,74m —, lui aussi en mode « super hybride », comme notre Jaecoo 7. Une technologie qui permet une fois la batterie électrique quasiment vide (15%) de basculer en hybride classique et d’assurer une consommation thermique à moins de 6 litres / 100. Avec pour parler chiffres une puissance couplée de 279 ch, un 0 à 100 en 8,5 sec, une vitesse bridée à 180 km/h, 90 km d’autonomie en 100% électrique, et jusqu’à 1 200 km sans s’arrêter faire le plein (60 litres) et éventuellement recharger sa batterie.
Difficile au prix affiché (de 35 990 à 37 990 euros selon finition) de trouver l’équivalent chez les Européens. Que ce soit chez Peugeot (3008) ou VW (Tiguan) on flirte autour des 50 000 Euros à prestations comparables. Reste une fois le constat établi à se poser la bonne question. Le client va t-il accorder sa confiance à un nouvel entrant ? On s’était interrogé en 2020 avec l’arrivée discrète de MG en France et six saisons plus tard, on achète des MG chinoises, sans même songer à l’origine et à la pérennité de la marque en France (33 729 ventes soit 2,1% du marché en 2025). Même remarque avec le mastodonte BYD, qui voit ses ventes exploser en France depuis un an (13 533 ex en 2025, soit trois fois plus qu’en 2024) et a lancé la grande offensive sur le marché européen. Certes il y a aussi eu le gros raté d’Aiways. Et d’autres encore.
Déjà des succès ailleurs
Chery fort de 2,8 millions de ventes monde en 2025 a les arguments pour inspirer la confiance. Pour se faire, on communique chez les Chinois sur 74 concessions et ateliers ouverts en France, on en prévoit 120 à la fin de l’année. Autres points marketing forts : Une garantie de 7 ans ou 150 000 km, et une implantation réussie en Grande-Bretagne (53 600 ventes en 2025) et en Espagne (23 697 ex). Mais, lucide on revendique avant tout chez Chery, une conquête de clients particuliers. Jaecoo puisqu’il s’agit ici de la marque importée (avec Omoda) va devoir faire preuve de patience, pour convaincre les gestionnaires de flotte d’opter pour un nouvel entrant. Et comme dirait ma sommité véhiculée ce matin là, entre deux réflexions téléphoniques autour du programme nucléaire civil national, avec un éminent politique et une autre avec un cadre gouvernemental sur l’avenir de SCAF l’avion de guerre franco-allemand, que décidément les constructeurs européens étaient en grand danger. Mais, comme il était temps d’aller déjeuner, l’avenir de l’industrie automobile attendra un prochain essai « made in China » pour que mon flamboyant ami, ne convoque au téléphone un cacique de Bruxelles et ne lui fasse la leçon en direct. Non mais !
Ce qu’on en pense
🤗
– Design original
– Rapport prix/équipement
– Motorisation efficace
😠
– Image à établir
– Monte pneumatiques
– Coffre limité









