« Tic tac, tic tac ». Best sellers en vue. Fois deux. A l’heure où entre Nantes et Vannes nous roulions à bord d’un BYD Sealion 5-DM-i, un SUV chinois surdimensionné (4,74 m), mais imbattable côté rapport prestation/prix, nous vint l’envie avec mon collègue de découvrir une déclinaison annoncée d’une autre BYD, bien plus compacte : L’Atto 2 (4,33 m), désormais proposée avec le même bon gros moteur PHEV (hybride rechargeable), baptisé « super-hybride » qui équipe la Sealion de notre essai. Au programme 212 chevaux sous la capot, plus de 1.000 km d’autonomie, à minima 80 km en tout électrique, et une consommation mixte de 5,8 litres sur long trajet. Avec comme co-pilote cette fois, l’ami Sébastien Jacquemart de la Voix du Nord.
Raideur et compétences
Un sacré coup de volant celui-là. Il en aura mordu des bordures sur les circuits en Belgique et aux Pays-Bas avec sa MX5, qui répondait au doux nom de Simone. « Avec collé sur la carrosserie, un logo de ma Simone, sur le modèle des pin-up sur les bombardiers de la seconde guerre mondiale. »
Alors que filaient les kilomètres en confort acoustique optimal, la Sealion filtrant parfaitement les bruits d’air, nous en étions juste à pester sur une raideur d’amortissement et les dimensions boursouflées de ce SUV joliment dessiné, qui ravira c’est évident avant tout les flottes d’entreprise.
Notre conclusion : « Vivement l’arrivée d’Atto 2 avec ce moteur, malin et efficient, pour une auto qui convienne au marché français. » Un SUV compact, 4,33m donc, placé en deca des 30 000 euros (de 26 990 à 29 990 euros).
Le parcours de liaison effacé, il fallut assumer une longue conférence de presse comme les constructeurs asiatiques aiment à en organiser. Avec toutefois une touche bien familière, comme un parfum VW.
Au micro, la toute nouvelle Directrice France, Dorothée Bonassies, ex patronne de Skoda puis VW France. Et à la manœuvre, un responsable presse issu lui aussi de la maison VW. Et aussi un Directeur commercial, et tant d’autres que ce soit aux finances, au produit et aux ventes, tous venus de la marque allemande. VW France est réputée pour être l’une, si ce n’est la marque, qui forme le mieux ses équipes. Un bébé VW vaut donc de l’or sur le marché pro. Chez BYD on est allé tout naturellement piocher là où est la compétence. Et d’autres vont suivre. Mais chut…
Oui mais moi l’espagnol tu sais, c’est juste « Vamos à la playa señor Zorro »
Sébastien Jacquemard, La Voix du Nord
Il y avait donc, comme une synergie naturelle de voir les troupes de chez BYD France, travailler d’emblée en mode efficace. Un constructeur qui va bientôt voir sortir de ses chaines en Hongrie ses premières autos (des Atto 2 full électrique) non estampillées « made in China » et donc pensées pour échapper à la surtaxe imposée par Bruxelles.
Et surprise, au moment d’évoquer la future Atto 2, avec Michael Martinez le responsable média de BYD, celui-ci nous guida pour découvrir une Atto 2 hybride rechargeable, posée à l’entrée de la salle de réunion. La nuit était tombée depuis longtemps, mais à l’aide de la lampe de son smartphone, on eut droit à notre premier tour. Avant que d’y retourner en solo au lever tardif du soleil le lendemain matin… mais sans les clefs.
La pieuvre par 200
Mon co-pilote du jour, devenu mon voisin de tablée, toujours aussi volubile, digérait comme nous les données chiffrées du géant chinois tout en faisant un sort à son quasi de veau.
-T’as vu, ils sont 3e producteur mondial d’auto, si l’on raisonne par marque, et 1er sur les véhicules électriques devant Tesla. Ils pèsent 4,5 millions de ventes annuelles.
-Eh encore, l’aventure européenne n’est que balbutiante, avec environ 14 000 ventes en France en 2025 et un carnet de commande bien rempli pour 2026. Et ce pour une vraie première année de conquête de l’hexagone.
Il est, c’est vrai, d’autres terres de développement qui ont été explorées un peu plus tôt. « Nous avons obtenu d’excellents résultat en Amérique latine », illustrait ainsi Dorothée Bonassies.
Un peu plus tôt alors que nous jouions au jeu des capitales pour faire passer les kilomètres, tant le paysage était mangé par la nuit envahissante avec l’ami Sébastien, j’avais été surpris par ses connaissance sur les terres latines, lui qui dit pourtant largement préférer parler l’allemand à l’espagnol.
– Capitale de Belize Sébastien ?
– Belmopan
– Et du Nicaragua ?
– Managua
– Joli. Tu crois que BYD est implanté là-bas ?
– Au Nicaragua ? Il faudrait aller sur le port voir s’il y a des bateaux géants BYD qui débarquent.
– Ouais on y va cet été ? Au fait Managua c’est au bord de la mer ?
– Ben j’en sais rien bafouillera Sébastien.
Allo Google map ?
– Ah ben, y a un port, mais y a pas de mer… Managua c’est au bord d’un lac. Le Lac Xolotlan.
Et puis en interrogeant Grok, l’IA de chez Elon Musk, nous dûmes nous résoudre à renoncer à notre idée de reportage au Nicaragua. On avait déjà pourtant notre titre : « Les Chinois à Managua ». Un titre un peu sulfureux, comme un SAS signé Gérard de Villiers. Mais bon BYD n’est pas implanté dans ce pays.
– Un SAS ? Ben ouais ! Un des SAS se passe là-bas. « Croisade à Managua ». Là je pouvais faire le fier
Allo Google ?
– Tiré à 555 000 exemplaires « Croisade à Managua » est sorti en 1979, 53e épisode des aventures de Malko Linge, alias SAS.
Nous en étions là. Si loin du Morbihan, nous imaginant rouler avec notre Sealion en pleine forêt sub-tropicale. Notre fantaisie, n’était qu’un fantasme. Nous ne partirons pas en croisade à Managua.
– Pas grave, rira Sébastien, on va aller visiter la concession BYD de Dunkerque. C’est 70 rue de Berlin. Je pourrai parler Allemand.
– Oui, mais pas sûr qu’il y ait eu un épisode de SAS à Dunkerque…
Le lendemain avec pour destination Le Croisic sous un soleil méditerranéen, nous n’avions visiblement pas digéré tous les slides de présentation de la veille.
Petit best of : «BYD c’est plus de 14 millions de véhicules produits depuis la naissance de la marque, dont la moitié en « super hybrides ». Treize années pour célébrer le 1er million, quatre pour passer de 1 à 14 millions d’unités. Un million d’employés dans le monde entier, et 120.000 dédiés au secteur « Recherche et Développement ». » Un frisson allait nous parcourir l’échine. Pas mal pour une marque née en 1995, non ?
Dacia, seul rempart ?
Cerveaux en fusion. Comment résister ? Extrait de nos réflexions, comme un glas qui sonne :
– L’électrification du marché européen a fragilisé l’industrie automobile. De plus en Chine un modèle peut naître en moins de deux ans, entre le premier coup de crayon et la sortie d’usine. Le double est nécessaire en Europe. Avec 90 concessions en France à fin 2025 et 200 prévues d’ici un an, la pieuvre BYD s’étend et s’apprête à asphyxier les plus fragiles du continent, avec des prix d’attaque, que seul Dacia semble à ce jour armé à matcher. Jusqu’à quand ?
Et là revinrent dans la conversation les mots Guillaume Calvar, Directeur marketing BYD, qui la veille avait planté un nouveau clou sur le cercueil en chêne de l’industrie européenne : « Nous portons notre garantie constructeur sur les batteries à 8 ans ou 250.000 kilomètres. Et c’est rétroactif. ». Et le bois de se fendre.
Dehors éclairée par un trait de lune, scintillaient les feux de position de l’Atto 2 comme les yeux perçants d’un loup voyageur. Avec une présence dans 112 pays à travers le monde, BYD étend chaque jour ses territoires de chasse. En 2024, la marque était positionnée sur 88 pays… 112 aujourd’hui. Sébastien finit par me convaincre d’inverser le postulat.
– Allons à Managua au Nicaragua pour conter l’histoire d’un pays encore à conquérir.
– Ok et on titrera le papier « Croisade à Managua ».
– Oui mais moi l’espagnol tu sais, c’est juste « Vamos à la playa señor Zorro ».
– Mais y a pas la mer là-bas Sebastien.
Je consultais sa mine déconfite, puis la jauge essence et celle de la batterie de mon Sealion. Environ 800 Km d’autonomie encore.
– Bon allez viens, on file à Dunkerque Zorro !
Gérard de Villiers n’a qu’à bien se tenir.
Les 🤗 et les 🤔 du BYD Sealion 5 DM-i
🤗
-Prix imbattable
-Package moteur grand rouleur
-Équipement complet
🤔
-Amortissement raide, à revoir
-Assise dure
-Partie numérique peu intuitive








