Avec l’Epiq, Skoda descend d’un cran dans sa gamme électrique sans renoncer à ses recettes maison : beaucoup d’espace, des astuces pratiques et des tarifs à peu près contenus. Essayé ici en version 55 de 211 ch, le petit SUV tchèque ajoute à cela un comportement routier particulièrement convaincant et une consommation d’énergie plutôt basse. Nous l’avons essayé dans la région de Marseille.
La famille électrique s’agrandit
Après l’Enyaq puis l’Elroq, Skoda poursuit l’électrification de sa gamme. L’Epiq, qui devient le modèle d’accès, vient se placer sous l’Elroq et comme une alternative électrique au Kamiq. Produit en Espagne et développé sur la nouvelle architecture électrique du groupe Volkswagen, il partage une bonne partie de sa technique avec les petits modèles électriques du groupe que sont notamment les VW ID. Polo et Cupra Raval. Avec 4,17 m de long, il se situe au cœur du segment des SUV urbains électriques, face notamment aux Renault 4 E-Tech et Kia EV2. Pour ce premier essai, nous avons pris le volant de la version 55, la plus puissante et la plus endurante, forte de 211 ch.
Un petit qui assume ses muscles
L’Epiq applique le nouveau langage « Modern Solid » de Skoda. Le résultat est propre sans être spectaculaire ; les proportions fonctionnent bien. Le capot haut et presque horizontal, les projecteurs en T et la calandre fermée « Tech Deck » donnent du caractère à une face avant encadrée par de larges ouvertures verticales. Les passages de roues marqués, les protections de bas de caisse et les boucliers renforcent l’allure de petit baroudeur, sans verser dans la caricature. Le dessin reprend d’ailleurs plusieurs codes inaugurés par le concept Vision 7S.
Avec 4,17 m de long, 1,80 m de large et 1,58 m de haut, l’Epiq reste raisonnablement compact. Ses porte-à-faux courts et son empattement de 2,60 m étirent visuellement la cabine et servent surtout l’habitabilité. La poupe très verticale privilégie elle aussi le volume utile plutôt que l’effet de style. Les barres de toit de la finition Clever complètent l’allure de SUV, même si nous verrons qu’elles ne sont pas totalement neutres sur la route.
Intérieur Skoda pur-jus
À bord, l’Epiq ne joue pas l’esbrouffe. La planche de bord reste sobre, sérieusement assemblée et facile à comprendre. Un écran tactile central de 13 pouces domine la présentation, accompagné du petit combiné numérique de 5,3 pouces propre aux première productions électriques de VW et qu’on pensait remisé après qu’ID. Polo et Raval s’en soit passé. Celui-ci fait un peu chétif, mais il affiche l’essentiel avec clarté. Skoda a également résisté à la tentation du tout tactile : plusieurs raccourcis physiques permettent encore d’accéder rapidement à quelques fonctions courantes.
Les traditionnelles attentions « Simply Clever » sont également de la partie : parapluie dans la porte, grands rangements, compartiment à lunettes…. L’espace arrière est généreux compte tenu du gabarit, même si l’épaisseur de la batterie impose une assise assez basse, avec les genoux relevés pour les plus grands.
Le véritable tour de force se trouve derrière le hayon. Avec 475 litres en configuration cinq places, dont un généreux rangement sous le plancher, le coffre fait nettement mieux que ce que les 4,17 m de longueur laisseraient supposer. Banquette rabattue, la capacité grimpe à 1 345 litres. En revanche, pas de coffre avant sur notre voiture : sans recours à une option, les câbles doivent donc trouver leur place à l’arrière.
Sur la route : il fait plus que rassurer
C’est probablement au volant que l’Epiq 55 réserve la meilleure surprise. Son moteur synchrone de 155 kW, soit 211 ch, développe 290 Nm et entraîne les roues avant. Le 0 à 100 km/h est couvert en 7,1 s et la vitesse maximale atteint 160 km/h. Rien d’extravagant, mais les accélérations comme les reprises donnent au petit SUV une vigueur très appréciable.
Surtout, le châssis ne donne jamais l’impression de subir cette puissance. Malgré une masse supérieure à 1,6 tonne dans cette configuration, l’Epiq se place avec précision, son train avant répond franchement et la caisse reste bien tenue lorsque le rythme augmente. La direction apparaît un peu légère en réglage Normal ; la raffermir via le mode Individual apporte davantage de consistance sans la rendre artificielle.
Le freinage est lui aussi bien calibré. La transition entre récupération d’énergie et freinage mécanique demeure naturelle, tandis que le mode B renforce la régénération jusqu’à permettre une conduite proche du « one pedal ». Cette régénération se module selon deux niveaux, sachant que le plus puissant nous a semblé trop inconfortable pour un usage quotidien : dès le lever de pied du conducteur, le passager se trouve surpris et envoyé vers l’avant. En ville, les dimensions contenues, la bonne visibilité périphérique et un diamètre de braquage (10,9 m) rendent l’Epiq relativement facile à manœuvrer.
L’amortissement constitue l’autre bonne surprise. Les suspensions filtrent efficacement les irrégularités tout en maîtrisant correctement les mouvements de caisse. Les jantes de 19 pouces de notre modèle d’essai font néanmoins remonter quelques trépidations à faible allure. Peut-être vaut-il mieux se contenter de 18 pouces. À vitesse élevée, l’insonorisation reste globalement soignée : les bruits de roulement sont contenus et l’Epiq ne fatigue pas sur autoroute.
Quoi qu’il en soit, l’Epiq est plus qu’un simple déplaçoir électrique urbain. Il combine confort, stabilité et suffisamment de vivacité pour rendre les belles routes autrement plus plaisantes qu’on ne pouvait l’imaginer au départ.
Sobre, mais pas champion de la recharge
La version 55 reçoit une batterie NMC de 55 kWh brut, soit environ 52 kWh réellement utilisables, pour une autonomie WLTP pouvant atteindre 441 km. Sur les trajets mixtes les plus favorables de nos essais, nous avons évolué autour de 13 à 14 kWh/100 km, ce qui est conforme à la fiche technique.
Dans ces conditions, 350 à 400 km entre deux charges paraissent réalistes dans un usage mêlant ville et réseau secondaire. Sur autoroute où l’on exploite généralement la batterie sur seulement 60 à 70 % de sa capacité, mieux vaut plutôt compter aux environs de 250 km à 130 km/h.
La recharge rapide plafonne à 105 kW en courant continu. Sur le papier, ce chiffre est un peu faiblard, mais la puissance se maintient suffisamment bien pour permettre un passage de 10 à 80 % en 24 minutes. En alternatif, le chargeur embarqué accepte 11 kW. Il faut alors environ 5 h 30 pour charger sur une borne triphasée. La fonction V2L permettant d’alimenter un appareil extérieur est également disponible avec un adaptateur dédié.
Des prix qui ne s’emballent pas trop
L’offre débute avec l’Epiq 35 de 116 ch associé à une batterie LFP de 37 kWh utiles, à 27 670 €. Le 40 porte la puissance à 135 ch avec le même accumulateur, tandis que le 55 combine 211 ch et environ 52 kWh utiles. Ce dernier commence à 32 070 € en finition City et atteint 36 500 € dans la finition Clever de notre essai. Peinture, roues de 19 pouces et pack d’aides à la conduite font toutefois rapprocher la facture des 39 000 €.
La production européenne, au sud de l’Espagne, lui permet par ailleurs de bénéficier des aides françaises applicables, ce qui rend surtout les versions d’accès particulièrement agressives face à la concurrence.
Bilan de l’essai
Plutôt que de réinventer la voiture électrique, l’Epiq applique méthodiquement ce qui fait depuis longtemps la force de Skoda : un encombrement raisonnable, beaucoup de place à bord, un coffre étonnant, une ergonomie globalement rationnelle et quelques astuces réellement utiles. La surprise vient plutôt de son comportement routier, sensiblement plus précis et plaisant que ce que l’on attend généralement d’un petit SUV familial.
Certes, la puissance de recharge rapide reste moyenne, certaines commandes mériteraient encore d’être simplifiées et les grandes roues dégradent légèrement le confort à basse vitesse. Mais la version 55 associe de vraies performances à une consommation mesurée et à une autonomie suffisamment généreuse pour sortir sans appréhension de la ville. Ajoutez des tarifs encore raisonnables et l’Epiq apparaît surtout comme une automobile très cohérente.
Les clés du Skoda Epiq (2026) | |
Dimensions (Lxlxh) | 4,17x1,80x1,58 m |
Masse à vide (modèle essayé) | 1 618 kg |
Énergie | Électricité |
Moteur(s) | 1 Électrique |
Puissance maxi | 211 ch |
Couple maxi cumulé | 290 Nm |
Transmission | Traction |
Boite de vitesse | Réducteur 1 rapport |
Capacité Réservoir/Batterie (brute) | 55 kWh |
Conso mixte (WLTP) | 14,1 kWh/100 km |
Prix d'accès à la gamme (au lancement) | 27 670 € |









