La Peugeot 308 n’a jamais manqué de personnalité. Depuis son lancement, elle s’est imposée comme l’une des compactes les plus singulières du marché, avec son i-Cockpit clivant et son style acéré. Le restylage 2025 ne bouleverse pas cette identité, mais en renforce l’impact. À travers une face avant retravaillée et une offre mécanique toujours très large, la marque cherche à donner un second souffle à son modèle fétiche sans rompre l’équilibre qui a assuré son succès. La version hybride rechargeable SW (commercialisée à partir de 43 400 euros), prise en main ici, illustre parfaitement cette philosophie.
Un restylage concentré sur la face avant
Dès le premier regard, on comprend où Peugeot a concentré ses efforts. La partie avant adopte une signature lumineuse plus expressive, loin des simples traits droits d’avant. Le bouclier semble désormais dessiner l’ensemble du visage, avec une calandre qui absorbe l’ancien pare-chocs pour créer une pièce unique et plus imposante. Cette refonte se double d’une nouvelle répartition des blocs optiques, séparés entre la signature diurne et les feux principaux relégués plus bas. Le résultat donne un regard nettement plus agressif, accentué par un logo rétroéclairé sur certaines finitions . Sous ce lion lumineux se cache le radar de distance, discrètement intégré pour éviter toute excroissance disgracieuse.
L’ensemble offre à la 308 un air plus affirmé, sans rompre la continuité stylistique avec la première phase. Sur la version GT, les jantes diamantées en 18 pouces contribuent à étirer visuellement la silhouette, renforcée par un travail de calandre qui allonge la voiture sans la rendre lourde. À l’arrière, en revanche, le restylage se montre beaucoup plus discret. Les feux restent identiques à ceux de la GT précédente, seuls quelques inserts disparaissent au profit d’un traitement uniformément noir sur le bas du pare-chocs .
C’est finalement la version SW qui exprime le mieux ce design. Là où la berline expose un profil parfois heurté, le break paraît plus homogène. Sa ligne tendue, son aileron subtil et son allongement d’empattement de 6 cm lui donnent une allure plus fluide et, surtout, une meilleure habitabilité arrière . C’est précisément sur ce terrain que la SW prend sa revanche, puisqu’elle corrige le principal défaut du modèle hybride rechargeable : un coffre trop réduit sur la berline.
Un break compact qui a du coffre
Ce point du coffre devient même décisif. Avec 467 litres, la SW PHEV retrouve un volume cohérent avec sa vocation familiale, loin des maigres 314 litres de la berline équivalente . Cet écart n’a rien d’anecdotique, car un break sans coffre perd tout son sens. Ici, le compromis redevient acceptable et replace la 308 SW dans la course face aux concurrentes du segment.
L’habitacle évolue peu mais conserve une ambiance particulière. Le i-Cockpit demeure une proposition à part, toujours aussi discutable selon les gabarits et les préférences. La position de conduite impose souvent de descendre fortement le volant et de surélever l’assise pour dégager la vue sur les compteurs. Ceux qui apprécient ce principe y trouveront un environnement stimulant, mais d’autres continueront d’y voir un compromis inconfortable. L’ergonomie de l’écran central ne corrige malheureusement pas les défauts déjà relevés lors des essais précédents : lenteurs, décalage parfois sensible entre pression et action, menus pas toujours logiques .
Quelques bonnes idées demeurent toutefois. Un bouton physique méconnu permet, d’une pression longue, de neutraliser d’un coup les alertes de vitesse et de franchissement de ligne. Un autre raccourci donne un accès direct aux réglages de climatisation, ce qui compense partiellement les limites d’une interface qui n’a pas profité du restylage pour se remettre à niveau. L’ambiance GT, entre Alcantara, surpiqûres jaunes et sellerie sport, valorise l’ensemble et le toit panoramique inonde l’habitacle de lumière.
À l’arrière, l’espace se montre correct dans cette version SW, même si la fermeté du dossier limite légèrement le confort lors des longs trajets . La modularité, bien pensée, exploite pleinement la longueur supplémentaire et surclasse celle de la berline, trop juste sur le plan de l’habitabilité .
Motorisation : Un PHEV plus cohérent qu’avant
Sous le capot, le groupe motopropulseur hybride rechargeable offre 195 ch cumulés. L’ensemble affiche une douceur appréciable, assez éloignée des heurts relevés sur la version hybride simple de 145 ch. La transition entre les moteurs se fait sans secousse, grâce à une boîte à double embrayage qui se montre suffisamment rapide dans la plupart des situations . On ne retrouve pas ici la sensation d’effet CVT évoquée par certains conducteurs à rythme soutenu, même si la montée dans les tours du quatre-cylindres 1,6 L peut donner cette impression lorsque le rythme s’envole .
Le châssis reste l’un des points forts de cette 308. Malgré les 200 kg supplémentaires de la version PHEV, la voiture conserve une belle homogénéité. À vrai dire, elle nous a même semblé légèrement moins pataude que la phase 1 de cette génération. Les mouvements de caisse restent contenus, les enchaînements s’effectuent avec sérénité et la direction garde une précision appréciable. Le train avant, en revanche, montre plus rapidement ses limites lorsqu’on hausse franchement le rythme : la masse supplémentaire alourdit la direction et favorise un sous-virage précoce. Mieux vaut opter pour une gomme qui offrira un bon grip plutôt qu’une autre qui favorisera l’économie d’énergie.
Des consos raisonnables, mais pas époustouflantes
Le confort surprend agréablement. Les suspensions absorbent la majorité des irrégularités, même avec des jantes de 18 pouces, et l’auto évoque parfois une sensation de maturité supérieure à celle de la version hybride simple, plus sèche à basse vitesse .
Côté consommation, la 308 SW PHEV s’en sort honorablement. En mode hybride et en adoptant une conduite coulée, nous avons réalisé une moyenne autour de 5,4 l/100 km (voir photo dans la Galerie). C’est correct, mais pas délirant non plus. Pour mémoire, une Audi A6 e-hybrid consomme nettement moins que cela.
Reste la question du prix, et elle n’est pas anodine. L’addition grimpe vite, avec un ticket d’entrée fixé à plus de 43 000 € et une finition GT Exclusive qui tutoie les 48 000 €. Ces tarifs rapprochent la 308 de modèles premium bien établis, un terrain miné où le blason Peugeot peine encore à rivaliser en image. À noter : les tarifs de la version PHEV sont quasi identiques à ceux de la version électrique.
Difficile, pourtant, d’ignorer la cohérence globale de cette 308 SW hybride rechargeable. Son restylage lui apporte un visage plus affirmé, son gabarit lui rend un coffre digne d’un break, son agrément de conduite se montre solide et sa consommation raisonnable pour la catégorie.
Les clés de la Peugeot 308 SW PHEV 2025 | |
Dimensions (Lxlxh) | 4,64x1,85x1,44 m |
Masse à vide (modèle essayé) | 1 675 kg |
Énergie | Hybride Essence et Électricité |
Moteur(s) | 4 cyl. 1.6 L + électrique |
Puissance maxi (cululée, modèle essayé) | 195 ch / 145 kW |
Couple maxi cumulé | 360 Nm |
Transmission | Traction |
Boite de vitesse | Automatique 7 rapports (double embrayage) |
Capacité Réservoir/Batterie | 40 L / 17,2 kWh |
Conso mixte (mesuré) | 5,5 L /100 km |
Prix d'accès à la gamme (au lancement) | 43 400 € |








